Le Pic noir



Pic noir Dryocopus martius - Picot negre

Prenez plusieurs ingrédients, d’abord une grande et vieille forêt de pins à crochets (seuls ou mêlés d’autres essences), ensuite un versant bien pentu de nos belles montagnes (moyennes ou hautes), ajoutez une belle journée (soyons gourmands !), un grand zeste de chance et mélangez.

Si la sauce a bien pris, vous pourrez apercevoir, volant entre les arbres, traversant une clairière ou une vallée, un oiseau de belle taille (45cm tout de même !), noir et aux battements d’ailes irréguliers et plutôt saccadés : c’est le Pic noir, le plus grand Pic européen.

Noir c’est noir, bien sur, mais en y regardant de plus prés (s’il veut bien se poser par exemple), on remarque une calotte rouge, un œil et un bec blancs. N’allez pas le confondre avec une Corneille (vous pourriez le vexer !), elle a un gros bec noir, bien visible et des battements d’ailes plus amples et plus souples.



Consolez-vous, si vous ne le voyez pas, vous l’entendrez peut-être, il est très bavard (personne n’est parfait) et ses cris et chants variés portent très loin ainsi que son « tambour » (moyen qu’ont les pics de communiquer en tapant du bec sur un tronc creux ou sur une branche).

Ce costaud des sous-bois est cavernicole, il creuse sa loge dans le tronc d’arbres d’un certain âge plutôt vifs que morts (jeune futaie s’abstenir !) et ces logis quatre étoiles une fois délaissés par leur propriétaire sont une aubaine pour une cinquantaine d’autres espèces.

Fin gourmet, il se nourrit de fourmis (volontiers au sol) et de larves d’insectes se développant dans le bois, qu’il capture de sa langue gluante.

Sa communication amoureuse ô combien sonore semble très efficace, puisque les populations de ce gaillard là sont en augmentation en Europe et en France où il colonise même les forêts de plaine (dans la partie nord).

Bonne écoute et bonne chance !

Texte de Yves Demonte

Photos de Jacques Laurens et Jacques Dalmau.

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