Histoire de monticoles...



Lors de vos promenades montagnardes autant que dominicales, ne manquez pas, si vous avez eu l’excellente idée de vous munir d’une paire de jumelles, de jeter un coup d’œil au sommet des rochers qui vous entourent ; surtout si vous longez un versant ensoleillé à la végétation rase. Il se pourrait bien que…stop ! Là sur l’éboulis, ce point sombre ! Trop tard il a disparu…patience il va revenir ne serait ce que pour surveiller les intrus. Coucou le revoilà, ou plutôt Merlou me revoilà, car il s’agit bien du Merle bleu, pardon du Monticole bleu suivant la nouvelle appellation. Comme vous pouvez le constater, il est effectivement bleu sombre, plus petit que le Merle noir, il est aussi plus élancé, la femelle et les jeunes sont plus bruns avec le dessous d’aspect écailleux.

C’est un oiseau des zones rocheuses, on le trouvera des falaises littorales jusqu’aux éboulis des massifs montagneux (1600m maximum) en passant par les ruines qui font d’excellentes falaises de substitution.


Monticole de roche (J.Dalmau)


Mais poursuivons, si vous le voulez bien, notre promenade. Le sentier s’élève encore, nous longeons toujours cette magnifique soulane dont la pelouse sèche est parsemée de roches. La vigilance est de rigueur et bien nous en prend ! Dans les mêmes circonstances que tout à l’heure, notre regard est attiré par une petite excroissance au sommet d’un rocher…soudain, la petite boule s’envole, se pose, puis revient se poser au même endroit ! A vos jumelles ! Que voyons-nous ? Un autre Monticole bleu ? Non, le plumage de notre oiseau est bariolé, la tête et le cou sont bleus, les ailes brunes, la poitrine, la queue et le ventre roux, une tache blanche s’étale sur son dos (bleu, blanc roux, patriote n’est-il pas ?). A nous le gros lot ! C’est le Monticole de roche, anciennement Merle de roche, la femelle est assez semblable à celle du Monticole bleu, mais un détail bien visible les différencie : sa queue est rousse, elle est brune chez sa cousine madame « bleu ».

Vous l’aurez compris, les deux espèces occupent des milieux semblables : éboulis, barres rocheuses, bâtiments, ruines offrant des cavités, falaises ; les arbres et les arbustes ne sont pas exclus à condition qu’ils ne soient pas très denses, nos oiseaux ayant besoin d’espaces libres pour chasser. Le Monticole de roche s’élève plus haut en montagne que son cousin (jusqu’à 2200m). Les nids sont placés entre les rochers, dans une cavité sur une falaise ou un bâtiment.

Le régime alimentaire est identique : insectes, divers invertébrés, lézards et baies.

Le Monticole bleu est considéré comme sédentaire chez nous car fréquemment observé en milieu favorable toute l’année, mais il existe des mouvements en altitude, de l’erratisme et des migrations au-delà de la Méditerranée.

Le Monticole de roche est migrateur, mais des cas d’hivernage ont été constatés.

Les menaces qui pèsent sur les deux espèces sont du même ordre, fermeture des milieux, dérangements liés aux sports d’escalade et à l’urbanisation mais aussi réfection des bâtiments anciens qui condamnent les cavités disponibles.


Monticole bleu (J.Laurens)

Si nous poursuivions notre promenade toujours plus haut, à la limite des derniers arbres et des pelouses alpines, peut-être verrions nous également le Merle à plastron…mais ceci est une autre histoire.

Bonnes observations !

Texte: Yves Demonte

Crédit photos: André Labetaa, Jacques Dalmau et Jacques Laurens

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