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Balade islandaise 5/6/2026

16 sept.
5 min de lecture

On s’était dit …l’Islande… comme on prononce une formule magique pour faire apparaitre de notre imaginaire des paysages fantastiques sous une lumière boréale.

On s’était dit … nous allons parcourir la toundra où le soleil de juin ne se couche pas, nous allons voir le glacier qui se jette dans la mer, longer les falaises escarpées où les oiseaux viennent par milliers perpétuer l’espèce…



…Mais l’Islande c’est une grande ile de 102 000 km² (1/6 du territoire hexagonal français), c’est 380 000 habitants dont presque 50% sur Reykjavik, c’est autant de touristes que d’habitants, c’est donc une économie tournée vers le tourisme avec tous les côtés pervers du tourisme de masse.

Néophytes, nous avons fait appel à Nomade Aventure pour mettre en place un circuit orienté découverte de l’avifaune ; cette période du solstice d’été devant être favorable à la présence de nidificateurs.

 Nomade nous a proposé de faire le tour de l’ile en 11 jours et 8 hébergements. Une voiture à disposition et kilométrage illimité….


Le volcanisme coupe l’ile dans sa partie centrale laissant un grand quart-est et un grand quart nord-ouest en territoires herbacés parfois même boisés mais toujours verts et parcourus de cours d’eau vive aboutissant à des cascades innombrables. Sur le littoral, ce sont des zones de fjords très découpées. A l’inverse, cette grande bande centrale nord / sud résultant d’un volcanisme plus ou moins récent est beaucoup plus austère alternant champs de lave et massifs enneigés ceux-ci développant des glaciers immenses. Là, la végétation est plus pauvre, faite de magnifiques lichens colorés et d’arbustes chétifs en espèces pionnières.  

Notre rotation antihoraire nous entraine vers le sud mais en faisant un détour par quelques sites incontournables comme … …Geysir et son geyser Strokkur. [C’est là que nous faisons notre première rencontre ailée : la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) ;

insensible au passage des touristes elle cherche activement sa pitance parmi la végétation.] Notule. La Bécassine des marais nous a accompagné tout au long de notre périple en nous produisant en tous lieux et à tous moments une plainte stridente et brève (https://www.xeno-canto.org/138249). Ce « chant » est produit par le mâle en parade nuptiale : Il prend de la hauteur et pique au sol (version Stuka) pendant 3 à 4 secondes en faisant vibrer ses rectrices …on dit que les femelles en sortent complètement bouleversées… ?

 

 

Comme … les spectaculaires chutes de Gullfoss sur la rivière Hvita.


 

Halte au petit port de Landeyjehofn qui dessert l’ile de Vestmannaeyjabaer. Sous le harcèlement des sternes arctiques nicheuses irascibles, nous observons Pingouins torda, Guillemots à miroir, Grands Labbes et une gigue endiablée de Mouettes rieuses. Plus loin, sur l’estran asséché le lupin a pris possession de la terre et les Cygnes chanteurs promènent leurs poussins nouveaux nés.

 



En restant sur la cote, le site de Dyrholaey nous offre une colonie de Fulmars boréal, nombreux Eiders à duvet, huitriers pies, oies cendrées, mouettes rieuses, goélands argentés et de magnifiques Macareux moines qui jouent les stars en se laissant photographier sous toutes les coutures.

 





Autre journée, autre temps. C’est sous la pluie et un ciel bouché que nous poursuivons

 notre voyage par l’immense glacier du Vatnajökull et sa langue glacière qui vient quasiment

mourir au bord de l’océan. Il ferme l’horizon, une piste nous invite à y aller… Mais nous n’irons pas bien loin tant notre équipement est sommaire et la muraille de glace hostile.

 Plus loin, sur la lagune glacière des icebergs bleutés dérivent nonchalants …



Le lendemain, soleil !! le port de Höfn nous permet de voir nos premiers Plongeons Catmarin, mais aussi Goéland cendré, Phalarope à bec étroit, Chevalier gambette, Oies cendrées, Canard colvert.




Puis, notre parcours se poursuit vers les fjords de l’est et notre prochaine halte : Elgisstadir. Visite du fjord Seydisfjödur et son port en eau profonde via une route totalement enneigée au col d’accès.

 

 Le 10 juin nous partons pour la côte nord en traversant une grande région de toundra, désolée entrecoupée de rivières gonflées des eaux de fonte du glacier Vatnajökull.

  

       

 Et comme de nombreux touristes, nous allons voir les chutes Selfoss et Dettifoss sur la rivière Jökulsa qui plonge tumultueuse vers l’océan arctique.

Enfin nous arrivons à Myvatn, lac volcanique qui accueille une avifaune importante et particulièrement en période de nidification.


Il faut trouver le bon parking qui permettra d’observer ici des Anatidés là plus spécifiquement des Limicoles mais quel que soit le lieu et le moment, nous sommes agressés par des nuées de

Pseudo-cratères
Pseudo-cratères

moucherons : les Simulies. Myvatn veut dire « lac des mouches » et il porte bien son nom. Le répulsif n’ayant aucun effet, le seul moyen de marcher est de se mettre un filet protecteur sur la tête, pas très esthétique mais terriblement efficace !! Jean-Claude le confirme. Le site de Skutustadir à lui seul rassemble beaucoup de qualités. Original avec ses nombreux pseudo-cratères et riches d’oiseaux à découvrir tout au long d’un beau sentier serpentant au travers les marais longeant le lac.


Sur le lac, en eau calme nous observons : Canard siffleur, Canard colvert, Canard pilet, Fuligule morillon, Harelde boréale, Garrot d’Islande, Grèbe esclavon, Harle huppé. Sur les rives, ce sont plutôt les limicoles :   

         


 

Harèlde boréale


Grèbe esclavon





Fuligule morillon


Harle huppé






Grand Gravelot, Bécasseau variable, Courlis corlieu, Barge à queue noire, Chevalier gambette, Phalarope à bec étroit. En eau vive ; Arlequin plongeur.

                               

 

Courlis corlieu



Barge à queue noire







Notule : Le Phalarope à bec étroit est un oiseau singulier. Petit limicole très vivace, il picore sa nourriture à la surface de l’eau mais aussi en tournant rapidement sur lui-même, il crée un tourbillon pour amener du zooplancton à la surface. Mais sa singularité n’est pas là, à l’inverse de la majorité des oiseaux, Madame est plus grande et plus colorée que Monsieur. En outre, une fois qu’elle a pondu ses quatre œufs, elle s’en va rejoindre des copines et laisse à Monsieur le soin de s’occuper des enfants, de faire le ménage, la vaisselle, etc… Je trouve qu’il y a là un abus de position dominante et j’ai bien envie de lancer une pétition pour dénoncer cette maltraitance.



Canard siffleur



Plongeon imbrin 

 

 

 

 

 

Garrot d'Islande


Arlequin plongeur 


 

 


 

 Eider à duvet


Chevalier gambette





 

 


Après deux jours passés dans la région de Myvatn et après avoir gravi les pentes du

mythique Hverfjall, nous partons pour la côte nord et ses fjords. Au sortir de notre hôtel, surprise : un lagopède alpin, il nous attendait sur le bord de la piste. Clic clac, dans la boite…



Alors sous un soleil éclatant la splendeur des cotes découpées nous laisse souvent contemplatifs.


 Et au hasard de nos haltes nous pouvons rencontrer : Pluvier doré, Chevalier gambette, Bécasseau variable, Plongeon imbrin, Grand Cormoran, Grive mauvis, Bergeronnette grise, Pipit farlouse, Harfang des neiges (au petit matin) et Traquet motteux.

Nous avons eu la chance aussi d’observer trois espèces de mammifères : Quelques rennes broutant en bordure de route (ils nous ont paru domestiqués tant leur présence semblait incongrue). Sur la péninsule de Snaefellsnes une dizaine de Phoques gris couchés paresseusement sur des rochers en attendant que la mer monte pour les sortir de leur léthargie. Et plus loin au couchant de cette péninsule une Renarde des neiges en quête de nourriture pour des jeunes affamés.




 

 

 

 

 Une constante tout au long de notre aventure : les innombrables chutes d’eau et cascades nourries de la fonte des neiges des hauts plateaux et qui bondissent dans les plaines littorales ou directement dans l’océan.

 

 

         Comme ici, à Seljalandsfoss …. Ou là, sur la péninsule de Snaefellsnes …


 

Au total nous avons pu observer 40 espèces d’oiseaux et 14 manquent au rendez-vous : Sarcelle d’hiver, Fuligule milouinan, Harle bièvre, Pygargue à queue blanche, Faucon gerfaut, Râle d’eau, Bécasseau violet, Labbe parasite, Hibou des marais, Troglodyte mignon, Grive litorne, Etourneau sansonnet, Sizerin flammé et Bruant des neiges.

 

       Aux images : Jean-Claude Haenel     au texte : Francis Pringuet Bracq

3 commentaires


Sylvie Champagnat
Sylvie Champagnat
il y a 3 heures

Magnifique ! merci à vous deux pour le partage 👋

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Bernard DE FRANSSU
il y a 7 jours

Merci pour ce partage et ces belles photos!

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Merci les garçons...cela m'a rappelé de beaux souvenirs sur cette île grandiose ...

Très bon compte-rendu et belles images.

MARIE

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