Le Grèbe castagneux dans les Pyrénées-Orientales

Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficocollis) - Cabusset - Little Grebe




Nicheur en petit nombre et hivernant commun.

Pour se reproduire, le grèbe castagneux, le plus petit de nos grèbes, affectionne les eaux douces et il fréquente une grande diversité de zones humides. En bordure des étangs littoraux de Canet et Salses, les couples s’installent dans les petites mares situées au cœur des roselières et le long des cours d’eau permanents alimentant ces étangs (Fosseille, Agouille de la mar,..). Il apprécie également les bassins de lagunage (Barcarès, Torreilles) pourvu qu’ils soient bordés de végétation lacustre où il pourra accrocher son nid. Quelques couples se reproduisent sur certains plans d’eau intérieurs, parfois de taille très modeste, et sur les rivières au niveau des retenues créées pour l’irrigation. Il est aussi présent en Cerdagne où au moins un couple se reproduit avec succès en bordure d’une retenue collinaire (alt. 1 300 m) depuis 1997 (1). Il a également colonisé récemment les petits plans d’eau de loisirs créés à Saillagouse.

Les couples sont en général isolés, excepté dans les milieux les plus favorables (mares dans les grandes roselières, bassins de lagunage). Les chants se font entendre dès le début mars et la construction des nids peut débuter dès la mi-mars. Les pontes observées et supposées complètes varient entre 3 et 5 œufs et la moyenne pour 8 pontes est de 4,4 œufs. Les premiers poussins ont été observés un 20 avril à Canet tandis qu’un poussin tardif quémandait encore sa nourriture un 17 septembre toujours à Canet. En dehors de ces extrêmes, la majorité des observations de poussins ont lieu entre mi-mai et fin juillet.


Grèbe castagneux et son poussin (Jacques Rabusier)

Dès la mi-juillet, des rassemblements postnuptiaux regroupant jeunes et adultes sont notés notamment dans les bassins de lagunage du Barcarès et de Torreilles. Les oiseaux se regroupent alors en bande dépassant parfois 150 individus dans certains bassins. Aux oiseaux locaux doivent probablement s’ajouter quelques migrateurs. Ce chiffre est sans doute à prendre comme un minimum, car le castagneux, de nature craintive, est prompt à plonger et à disparaître sous l’eau. Ce comportement rend parfois les comptages difficiles.

En hiver, il semble moins exigeant et on le trouve jusque sur le littoral dans les lagunes saumâtres. On constate également une présence plus marquée sur les grands fleuves (Tech, Têt, Agly). A cette période, sa présence a même été signalée à plusieurs reprises sur le petit plan d’eau de Saint-Eulalie sur la Têt à Villefranche-de-Conflent et sur les plans d’eau de basse Cerdagne. Les effectifs hivernaux sont variables et pourraient être estimés à 300-350 individus avec des groupes atteignant la centaine régulièrement observés sur les bassins de lagunage du Barcarès.

La population nicheuse doit être comprise entre 50 et 80 couples. Etant donnée la discrétion de l’espèce en période de reproduction, il est difficile de détecter une tendance évolutive. Toutefois, au niveau national, la population nicheuse aurait sensiblement augmenté ces dernières décennies (2). Dans le département, il est probable que sur cette période, l’on ait assisté à une modification spatiale des couples nicheurs suite à la création de nombreux plans d’eau artificiels quand, dans le même temps, les zones humides naturelles du département se dégradaient fortement.


1- BERLIC (M.-F. & F.) 2001. – Les oiseaux de Cerdagne et Capcir. Ceretania. Quaderns d’estudis cerdans.

2- Nidal Issa & Yves Muller 2015.- Atlas des Oiseaux de France métropolitaine.


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