L'Alouette lulu


Ecartons d’emblée une hypothèse des plus fantaisistes concernant le terme « lulu ». Le nom de notre Alouette n’a aucun rapport avec une certaine Lucienne dont on aurait, avec une familiarité cavalière, contracté le prénom pour nommer l’oiseau- vous voyez ça d’ici ? « Tiens voilà le petit oiseau à la Lulu ! »-Non, ce n’est pas le style de la maison ! Lulu vient du latin « lullula » qui reproduit simplement le chant de l’oiseau, comme pour le Coucou, le Bruant zizi ou les Courlis. Son chant est d’ailleurs assez facile à reconnaître, lorsque vous l’aurez entendu une fois vous ne l’oublierez plus, comme pour le Coucou vous dis-je ! Mais ne vous y trompez pas, si la cascade des lullulullu est bien audible, une écoute attentive révèle un chant riche et varié, émis généralement en vol.

Les Alouettes sont des oiseaux terrestres, la nature les a donc pourvus d’un plumage leur permettant de se camoufler au mieux sur le sol. C’est pourquoi nous retrouvons chez toutes les espèces les couleurs dominantes brune et sable, avec des nuances bien entendu. La lulu n’échappe pas à la règle, on retrouve ces colorations sur son manteau (sur son T shirt aussi d’ailleurs, ça dépend de la saison !), sa poitrine est tachetée de brun et, détail caractéristique, deux larges sourcils blanchâtres se rejoignent sur sa nuque. En vol, notez sa queue très courte.

De toutes les Alouettes, la lulu est la seule qui apprécie la présence d’arbres sur son territoire, elle s’y perche d’ailleurs volontiers ! On la trouvera donc dans les milieux ouverts et semi-ouverts : prairies, bois clairs (de préférence de conifères) avec des zones de pelouses, de rocailles ou de sable, bocage, vignoble vallonné. Elle peut s’installer à plus de 2000m d’altitude.

En période de reproduction son régime alimentaire est composé de larves d’insectes, d’araignées, de petits mollusques, le reste du temps, elle est granivore et ne ferait pas de mal à une mouche !

Le nid est placé à terre sous la végétation, trois ou quatre jeunes seront élevés et quitteront le nid avant même de savoir voler, il y a des coups de pattes au croupion qui se perdent !

Les Alouettes lulu méridionales sont principalement sédentaires, rejointes en hiver par des populations plus nordiques (« Bienvenue chez les Catalans »), les montagnardes errant vers des altitudes moins rigoureuses.

L’Alouette lulu est bien représentée dans notre département, aussi bien dans les vignobles des coteaux -pas si bête - que dans les zones favorables des massifs montagneux (3000 à 10 000 couples).

Son goût pour les arbres fait qu’elle supporte mieux que toute autre espèce des milieux ouverts leur fermeture par les ligneux…à condition que persistent des pelouses !

A toutes les Lucienne…et aux autres aussi, bonnes observations !

Yves Demonte.

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